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  Trois jours après le bal, j'avais pris une décision.

  J'allais réinvestir tout. Enfin, presque tout.

  J'avais maintenant environ quatre cent cinquante couronnes en réserve. Cent soixante-quatorze d'avant le bal, plus cent quatre-vingts de profit net du bal, plus les ventes normales d'alcool des dernières semaines.

  C'était beaucoup, mais je ne pouvais pas laisser ces fonds dormir dans un coffre.

  ? Tu vas faire quoi avec tout cet argent ? ? exigea Lise un matin, assise dans mon bureau.

  ? Acheter des terres. ?

  ? Des terres ? ?

  ? Oui. Je compte acheter le domaine voisin, il y a trente hectares de disposition. Le propriétaire est vieux et sans héritiers du coup il veut vendre. ?

  ? à combien ? ?

  ? Quatre-vingts couronnes. ?

  Elle siffla. ? C'est cher. ?

  ? Pas tant que ?a. Il a trente hectares de bonne terre, avec accès à la rivière. Je peux étendre le canal, planter plus, donc produire plus. ?

  ? Et pour l'alcool ? ?

  ? Je vais embaucher deux assistants pour la distillerie. Comme ?a, je peux tripler la production. ?

  ?C'est ambitieux.?

  ? Si je veux vraiment développer tout cela, je ne peux pas tout faire seul. ?

  Elle sourit. ? tu commences à changer. ?

  ? Comment ?a ? ?

  ? Au début, tu voulais avoir assez de sous pour survivre et anticiper les problèmes. Maintenant que tu es à l'abri, tu veux en faire plus. ?

  ? Ouais peut-être. ?

  ? C'est le cas. ? Elle se pencha. ? Et j'aime ?a. ?

  Je rougis. ? Arrête. ?

  ? Non. ?

  Elle me fit un bisou sur la joue.

  ? Bon ?, dit-elle en se levant. ? Je te laisse bosser. Moi, j'ai des livraisons à faire. ?

  ? D'accord. on se révoit ce soir ? ?

  ? Toujours. ?

  Elle partit et je suis resté là, souriant comme un idiot.

  L'achat des terres prend deux semaines.

  On devait gérer la paperasse, trouver des Notaires, des témoins et faire plein de signatures.

  Mais finalement, les trente hectares étaient obligatoirement à moi.

  Le canal fut étendu immédiatement. Les paysans bossèrent pendant et en trois semaines, l'eau arrivait aux nouvelles terres.

  On y planta du blé, de l'orge et des légumes.

  Je commen?ais à penser à autre chose, je voulais faire des moulins.

  Broyer le grain à la main, c'était long et inefficace. Mais un moulin à eau alimenté par la rivière, ?a changeait tout.

  ? C'est possible ? ? ai-je demandé à Gregor.

  ? Un moulin ? Oui, monseigneur mais ?a va co?ter cher. ?

  ? Combien ? ?

  ? Cinquante couronnes, peut-être soixante. Pour la construction et l'achat des matériaux. ?

  Je réfléchis. J'avais encore environ trois cent soixante-dix couronnes. Moins cinquante pour le moulin, ?a me laissait trois cent vingt couronnes ce qui est largement suffisant.

  ? Fais-le. ?

  ? Vraiment, monseigneur ? ?

  ? Vraiment. ?

  Il sourit. ? Comme vous voulez, Monseigneur. ?

  Pour la distillerie, j'ai embauché deux gars. Le premier s'appelait Matthias, Vingt-cinq ans. C'est un ancien brasseur. Il conna?t la fermentation, les levures, les températures, il sera parfait pour préparer les liquides avant distillation.

  Le deuxième, c'était un jeune de dix-huit ans nommé Klaus. Un ancien apprenti forgeron. Il comprenait le feu, la chaleur, les métaux. Il a le bon profil pour gérer l'alambic.

  If you stumble upon this narrative on Amazon, be aware that it has been stolen from Royal Road. Please report it.

  Je leur ai montré le processus trois fois et ils s'apprennent vite.

  En deux semaines, ils ont pu distiller seuls. Sous ma supervision, évidemment, mais seuls quand même.

  Leur lieu a triple la production. On arrivait à soixante litres d'eau-de-vie par semaine soit quatre-vingts bouteilles et nos ventes explosèrent.

  Au marché normal de Falkenbourg, on vendait quarante bouteilles par semaine à une couronne cinquante pièces. pour un total de soixante couronnes.

  Au marché noble d'Eclème, vingt bouteilles à trois couronnes pour un total de soixante couronnes aussi.

  Et depuis le bal, des nobles nous faisaient des commandes privées. Ils envoyaient des domestiques acheter les bouteilles directement au manoir. On leur vendait vingt bouteilles par semaine, à quatre couronnes pièce soit quatre-vingts couronnes.

  pour un total de deux cents couronnes de revenus par semaine.

  Deux cents putains de couronnes.

  Par semaine.

  ? C'est de la folie ?, dit Lise un soir.

  ? Quoi ? ?

  ? Tes revenus. En trois mois, tu es passé de la ruine à... ?a. ?

  ? Ouais. C'est bizarre. ?

  ? Bizarre ? C'est incroyable. ?

  ? Peut-être. ?

  Elle m'a regardée. ? Tu réalises que tu es en train de devenir riche ? Vraiment riche ? ?

  ? Je ne suis pas encore riche, J'ai de l'argent…c'est tout. ?

  ? C'est la définition de riche. ?

  J'ai ri. ? D'accord. je suis peut-être un peu riche. ?

  ? Et qu'est-ce que tu vas faire avec tout cet argent ? ?

  ? Je ne sais pas encore , peut être continuer à investir.. ?

  ? Et après ? ?

  ? Après quoi ? ?

  ? Après avoir investi. Après avoir été devenu vraiment riche. Qu'est-ce que tu veux faire ? ?

  Bonne question.

  Je l'ai regardé longtemps.

  ? Je veux m'occuper de toi. ?

  Elle rougit. ? Alaric…. ?

  ? Je suis sérieux. Tout ce que je fais…. c'est bien, c'est important. Mais toi...tu es tout ce qui compte vraiment pour moi en ce moment . ?

  Elle sourit, les larmes aux yeux. " Idiot. "

  ? Quoi ? ?

  ? Tu peux pas dire des trucs comme ?a. ?

  ? Pourquoi ? ?

  ? Parce que ?a me fait rougir. ?

  Je souris. ? Bien. ?

  Elle vint s'asseoir sur mes genoux face à moi.

  ? Alaric, ? murmura-t-elle.

  ? Oui ? ?

  ? Embrasse-moi. ?

  je l'ai embrassé, j'ai léché ses lèvres doucement avant de chercher sa langue qui cherchait la mienne, tout en l'attrapant par les hanches pour la coller contre moi. Mes mains lui caressait la cuisse puis l'entrejambe.

  Elle gémit doucement et je me suis figé.

  ? Pardon ?, ai-je murmuré. ?Je…?

  ? Non. ? Elle me regardait droit dans les yeux. ? Suite. ?

  ? Lise… ?

  ? Je le veux vraiment. Mais… ? Elle hésite. ? Pas encore. ?

  ? Je veux que ce soit spécial tu comprends. ?

  ? D'accord. ?

  ? D'accord ? ?

  ? Oui bien sur on attendra autant qu'il faut. ?

  Elle sourit. ? Merci. ?

  Elle m'embrassa encore puis se leva. ? Je devrais aller dormir. ?

  ? Dans ma chambre ? ?

  ? évidemment gros bêta. ?

  Les semaines suivantes, on dormit ensemble toutes les nuits, avec des baisers et des caresses, rien de plus.

  La frustration montait pour moi et pour elle aussi, je le sentais. Mais on attendait.

  Pourquoi ? peut-être parce qu'on avait peur de gacher quelque chose.

  Avec Sorin, j'avan?ais aussi. Mes notes s'accumulaient et j'avais des centaines de pages maintenant.

  J'avais développé une théorie.

  La magie venait d'un réservoir interne, comme une batterie. Chaque mage avait une capacité différente. Sorin pouvait stocker, disons, cent unités d'énergie magique (j'avais inventé une unité arbitraire pour mesurer, je l'appelais le "flux"). Le gamin de quinze ans, en avait peut-être vingt unités.

  Utiliser la magie épuisait ce réservoir rapidement et le recharger prenait du temps, du repos, du sommeil et de la nourriture aussi, probablement. J'avais remarqué que Sorin mangeait beaucoup après avoir utilisé sa magie. Comme si son corps br?lait des calories pour recréer l'énergie magique.

  ? Monseigneur, ? dit Sorin un jour, ? vous pensez qu'on peut augmenter ce réservoir ? ?

  ? Quoi ? ?

  ? Ce réservoir d'énergie magique. Vous pensez qu'on peut l'entra?ner ?Comme un muscle ??

  Je réfléchis. ? Peut-être, c'est possible en théorie. Si c'est un muscle métaphorique, alors l'entra?nement devrait le renforcer. ?

  ? Comment on fait ?a ? ?

  ? En utilisant ta magie, régulièrement jusqu'à épuisement. Puis tu te reposes. et tu recommences. ?

  ? ?a marchait ? ?

  ? Je ne sais pas mais on peut essayer. ?

  Pendant deux semaines, Sorin utilise sa magie tous les jours jusqu'à épuisement complet. Puis il dormait, mangeait et recommen?ait le lendemain.

  Résultat ?

  Au bout de deux semaines, il pouvait maintenir une flamme pendant douze minutes. Avant, c'était dix.

  Deux minutes de plus, c'est pas énorme mais c'était une.

  ? ?a marche ?, dit Sorin, émerveillé.

  ? Ouais. On dirait. ?

  ? Vous venez de découvrir comment entra?ner la magie. ?

  ? Peut-être qu'il me faut plus de tests et plus de mages. Mais… ouais. Peut-être. ?

  Il sourit. ? Vous êtes un génie, Monseigneur. ?

  ? Non. Je suis curieux. ?

  Un soir, Lise et moi étions allongés dans mon lit.

  ? Alaric ?, dit-elle soudain.

  ? Oui ? ?

  ? Tu as pensé à nous marier ? ?

  Mon c?ur s'arrête.

  ? Quoi ? ?

  ? Nous marier… je veux dire respectivement. ?

  ? Je… euh… ?

  Elle se redressa et me regarda. ? C'est une mauvaise idée ? ?

  ? Non pas du tout. C'est juste… inattendu. ?

  ? Pourquoi ? On est ensemble, on dort ensemble et on s'aime. Le mariage, c'est la suite logique. ?

  ? Ouais. Logiquement. Mais… ?

  ? Mais quoi ? ?

  ? Mais… ? Je cherchais mes mots. ? Je ne sais pas. Le mariage, c'est… compliqué. ?

  ? Compliqué comment ? ?

  ? Tu es une roturière et je suis un noble. La cour va jaser, les autres nobles vont nous mépriser. Peut-être même le roi. ?

  ? Et alors ? Tu t'en fous d'habitude. ?

  ? Oui. Mais… ? J'ai soupiré. ? Je ne veux pas que tu souffres à cause de moi, de mon statut, des remarques et des salutations. ?

  Elle sourit tristement. ? Alaric. Je m'en fous de tout ?a, je t'aime. C'est toi que j'aime peu importer ton statut. ?

  ? Je sais. ?

  ? Alors pourquoi tu hésites ? ?

  ? Parce que… ? J'ai hésité. ? J'ai peur. ?

  ? De quoi ? ?

  ? De tout foutre en l'air comme toujours. ?

  Elle m'a regardée, longtemps. Puis elle pose sa main sur ma joue.

  ? Tu ne vas rien foutre en l'air. ?

  ? Comment tu le sais ? ?

  ?Je te l'ai déjà dit. Parce que tu es l'homme le plus têtu et déterminé que je connaisse. Et parce que tu m'aimes vraiment. ?

  ? Oui. Je t'aime. ?

  ? Alors le reste, on s'en fout. ?

  Je souris. ? D'accord. ?

  ? D'accord ? ?

  ? Oui, c'est bon se marie, quand tu veux. ?

  Elle sourit, les larmes aux yeux. ? Vraiment ? ?

  ? Vraiment. ?

  . ? Mais pas tout de suite. ?

  J'ai cligné des yeux. ? Quoi ? ?

  ? Pas tout de suite, faisons ?a dans quelques mois, quand le domaine sera vraiment stable. On aura le temps de planifier une vraie cérémonie… Je ne veux pas d'un truc rapide. ?

  ? D'accord, dans quelques mois. ?

  On s'embrassa encore longtemps, puis on s'endormit.

  Cette nuit-là, j'ai écrit dans mon journal.

  Journal. Jour 145.

  Le domaine grandiose, j'ai maintenant trente hectares supplémentaires et un moulin en construction. la production d'alcool a triplée et j'ai un revenu de deux cents couronnes par semaine.

  Je suis riche. Et avec Lise, on va se marier dans quelques mois.

  Je suis… à la fois terrifié, excité et heureux.

  je suis s?r qu'elle est la bonne, je veux passer ma vie avec elle, même si ?a fait peur.

  J'ai posé la plume. et j'ai regardé Lise endormie à c?té de moi, le visage paisible.

  FIN DU CHAPITRE 8

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