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Chapitre 2 : SMS

  Dehors, l'air m'a frappé. Froid, humide, chargé de pluie qui hésitait à tomber. Les lampadaires étiraient des halos jaunes dans la nuit, et chaque silhouette croisée sur le trottoir me paraissait trop longue, trop bancale.

  Je marchais, les mains enfoncées dans mes poches, et la rue vibrait de bruits minuscules : le crissement d'un vélo, un chien qui tirait sa laisse, une radio qui grésillait derrière une fenêtre. Tout semblait normal. Tout sentait la normalité.

  Jusqu'à ce que mon téléphone vibre.

  


  


  Je le sors. Un message. Aucun texte. Juste une photo. Une pièce. Sombre. Les contours flous. Une lumière faible filtre quelque part au fond, mais elle ne révèle rien. Rien, à part cette sensation d'avoir déjà vu l'endroit, comme un souvenir qu'on ne veut pas retrouver.

  Je fronce les sourcils. Je ne connais pas ce numéro. Pas encore.

  The narrative has been taken without authorization; if you see it on Amazon, report the incident.

  Je baisse les yeux. Et pour la première fois depuis longtemps, j'ai l'impression qu'on m'observe.

  Mon pouls s'accélère. Je reprends ma marche. Mais mes pas semblent plus lourds.

  Je marche. La pluie hésite toujours à tomber. Mes pensées se noient dans les sons autour de moi : pas épars, presque orchestrés.

  Mon téléphone vibre à nouveau. Je le sors. Une autre photo. Une autre pièce. Plus sombre cette fois. Je plisse les yeux, mais rien ne change. Pas d'indices. Juste de l'ombre.

  Je continue. Les pas derrière moi me paraissent plus proches. Je ne me retourne pas. Un deuxième message. Une troisième photo. Des murs mouillés, une ruelle, un lampadaire cassé. Je ne reconnais rien. Je regarde autour de moi. Rien.

  Un frisson. Je change de chemin. Tourne brusquement à gauche, longe une fa?ade taguée. Je presse le pas.

  Mon téléphone vibre encore. Une nouvelle photo. Une autre ruelle. ?a pourrait être n'importe où. Je me mets à marcher plus vite, les mains crispées dans mes poches. Mon c?ur bat comme un tambour.

  Et puis... la dernière photo.

  Elle m'arrache un souffle.

  C'est moi. Mon profil. Ma silhouette. Mon dos. Je suis dans une ruelle, entre deux restaurants. Il fait nuit. Il pleut légèrement. Je reconnais les murs, le pavé. Je sais précisément où c'est.

  Je me fige. Je sais que je n'ai jamais pris ce chemin. Je sais que je suis passé par ailleurs. Mais cette photo prouve une chose : l'envoyeur savait. Il savait exactement où j'allais être.

  Mon téléphone vibre encore. Rien d'autre qu'une image noire. Pas de texte. Juste ?a.

  Et je marche, plus lentement. Avec la sensation d'être suivi. Et la certitude qu'on me regarde.

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