Sa mère ne quittait pas ses pensées. Owen n'était pas encore retourné la voir depuis la dernière fois, de peur d'éveiller la vigilance des gardes. L'inquiétude le rongeait. Il devait la sauver au plus vite. Il était temps de se préparer.
Son plan prenait forme petit à petit. Mais il restait un point crucial à établir : où pourraient-ils aller pour se mettre en sécurité ? Comment échapper à son père ? Peut-être existait-il quelque part un endroit spécial où il ne pourrait plus les atteindre.
Ainsi, durant ses le?ons, il questionna son précepteur, chercha dans les livres. Il pensait avoir finalement trouvé ce dont il avait besoin.
Les jours passèrent, il avait maintenant atteint la taille d'un enfant de sept ans.
???
La jeune fille avait passé tout un mois au cachot. Son visage était émacié, les cernes sous ses yeux témoignaient de son épuisement, physique et psychologique. Son corps était glacé. Ses vêtements étaient déchirés et souillés, ses cheveux sales et en désordre ; plus rien ne laissait penser qu'elle avait été traitée avec le moindre égard quelque temps plus t?t. Le temps passé dans ces immondices avait marqué son corps et son esprit.
La porte s'ouvrit dans un grincement sonore. Les yeux mi-clos, la faiblesse de la lueur lui demandant un effort considérable pour identifier le visiteur, elle ne leva même pas les yeux dans sa direction. Le moindre effort lui co?tait le peu d'énergie qu'il lui restait.
Une ombre s'approcha de sa cellule, se baissant à sa hauteur en contre-jour, silencieuse. L'ombre, immobile, sembla l'observer intensément pendant de longues minutes. Puis, une voix qu'elle ne pouvait oublier s'éleva dans un murmure, la gla?ant jusqu'aux os :
— Le temps sera bient?t venu. Tiens-toi prête.
La silhouette s'en alla sans rien ajouter de plus, la laissant avec ces mots. Mais elle n'avait plus la force de réfléchir à sa signification.
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???
Le même jour, son repas lui fut apporté. Cela faisait déjà plusieurs jours qu'elle n'y touchait plus. Mais cette fois, quelque chose semblait différent. La suivante, autorisée à entrer dans la cellule pour la toute première fois, fit apporter un grand bac d'eau chaude par un garde. Elle lui fit tendre des tentures contre les barreaux de la cellule.
Le garde verrouilla la porte derrière elle et quitta la pièce, laissant les deux femmes seules, dans l'intimité de la cellule. La suivante aida la captive à se relever, et, une fois debout, commen?a à la dévêtir. Faible, elle pouvait à peine tenir debout, un vertige la tirant vers le bas. Elle se laissa malgré tout faire sans broncher. Grelottante, elle ne réagissait pas au peu d'attention qu'on lui accordait enfin.
La suivante poursuivit son ?uvre en lui faisant sa toilette, frottant énergiquement à l'aide d'un linge humide. Le contact de l'eau chaude fit la tressaillir, lui apportant un léger réconfort physique malgré son état.
Après l'avoir bien décrassée, la suivante l'aida à se revêtir de vêtements propres, puis la fit asseoir par terre et lui peigna délicatement les cheveux. à chacun de ses gestes lents, la jeune fille ressentait toute sa bienveillance. La suivante en profita pour lui glisser à l'oreille :
— Soyez forte, Ma Dame. Tout sera bient?t terminé.
Elle entendit ses paroles, mais ne parvenait pas à faire le tri dans ses pensées. Au bout d'un long moment, elle demanda dans un souffle :
— Que va-t-il m'arriver… ?
— Je ne sais pas vraiment… On m'a chargée de prendre soin de vous aujourd'hui. C'est plut?t une bonne nouvelle, ne pensez-vous pas ? Il ne vous a pas oubliée, au cours de ces deux dernières années…
Deux années. Elle avait atteint vingt ans dans cette cellule même. Le regard dans le vague, elle ne répondit rien.
Après avoir pris le temps de remettre lentement de l'ordre dans ses cheveux, la suivante se releva et appela le garde. Celui-ci vint lui ouvrir et retira les tentures, les guenilles et le bac d'eau désormais sombre. Tous deux abandonnèrent à nouveau la jeune fille à son sort. Assise, le regard et l'esprit perdus, elle n'avait pas vu le regard désolé que sa suivante lui avait jeté en sortant.

