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Chapitre 18 - Le Moment Venu

  Une fois qu'il s'estima prêt, Owen attendit la nuit suivante. étrangement, le garde devant sa chambre avait été relevé plusieurs jours plus t?t — depuis sa confrontation avec son père. Il se rendit d'abord à la salle d'armes, où il ? emprunta ? une épée adaptée à sa taille, qu'il accrocha à sa ceinture.

  Le c?ur battant la chamade, rongé à la fois par l'inquiétude et l'excitation, il se dirigea ensuite vers le cachot. Il descendit les étages de la même fa?on qu'il l'avait fait un mois plus t?t.

  Lorsqu'il arriva devant le garde, il ne lui laissa pas le temps de donner l'alerte. Il s'immis?a dans son esprit, comme il avait appris à le faire, distordit l'un de ses souvenirs agréables jusqu'à en faire une vision perturbante. Confus, l'homme se laissa tomber au sol, prostré, ignorant Owen comme s'il n'existait plus. Dès que la voie fut libre, le gar?on lui prit le trousseau de clés à la ceinture et entra dans la salle des ge?les.

  Il fut profondément soulagé : sa mère était toujours là. Elle semblait avoir été apprêtée, et sa tenue était comme neuve. Son repas, lui, avait été grignoté par des rats. Son visage était fermé, amaigri, épuisé. à son arrivée, elle ne réagit pas, ni même n'ouvrit les yeux.

  — Maman ? appela doucement Owen, en faisant tourner la clé dans la serrure de sa cellule.

  Aucun mouvement.

  Il sentit l'angoisse monter. Il entra dans la cellule et s'assit près d'elle.

  — Maman ?! répéta-t-il un peu plus fort.

  Sa poitrine se soulevait faiblement, au rythme d'une respiration presque imperceptible. Owen lui saisit le bras et le secoua, d'abord timidement, puis avec insistance. Sa peau était glacée.

  Ne la voyant pas bouger, il la serra contre lui et dit d'une voix tremblante :

  — Maman, je t'en prie… réveille-toi ! Je suis venu te chercher, comme promis !

  Il resta ainsi quelques instants, les yeux fermés avec force, comme pour chasser cette vision terrifiante.

  — Maman… s'il te pla?t… dis-moi que je n'arrive pas trop tard…

  Après ce qui lui sembla être une éternité, il sentit un infime mouvement dans ses bras. Elle entrouvrit les yeux et murmura :

  — O…wen ? C'est… toi ?

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  — Oui, maman ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu es malade ?

  — Je… suis fatiguée… je suis… désolée…

  — Non maman ! Tu ne peux pas abandonner maintenant, il faut partir ! C'est le moment !

  Elle ne répondit pas. Sa tête retomba doucement, comme si elle s'était rendormie.

  Du bruit résonna depuis l'entrée du cachot. Le garde semblait avoir repris ses esprits.

  — Non… pas maintenant… dit Owen, désespéré, les yeux pleins de larmes.

  Le garde, constatant que la porte était ouverte, accourut dans la salle des ge?les. Mais au moment où il aper?ut Owen, il se figea, piégé dans son propre esprit.

  Le regard d'Owen, br?lant de colère, semblait ne plus lui appartenir. Sans réfléchir, il replongea dans l'esprit de l'homme. Cette fois, il remodela son souvenir pour l'obliger à protéger sa mère.

  Hypnotisé, le garde s'avan?a et prit la jeune fille dans ses bras, avec une surprenante délicatesse. Il sortit de la cellule, Owen à ses c?tés. Ils quittèrent tous trois le cachot, tandis que les cris des prisonniers résonnaient derrière eux.

  ???

  Owen passa en tête et ouvrit la marche. Ils remontèrent plusieurs escaliers, rejoignant le niveau de ses appartements, au rez-de-chaussée, sans croiser ame qui vive.

  Il retenait son souffle : il savait qu'à partir d'ici, les patrouilles seraient plus nombreuses. Le garde qui portait sa mère commen?ait lui aussi à faiblir, et Owen craignait qu'il ne recouvre sa volonté trop t?t.

  Lorsqu'ils tombèrent face à une patrouille, il réussit à imposer le même effet mental pour qu'ils prennent la relève : l'un d'eux prit sa mère dans ses bras, l'autre se tint prêt à les défendre. Le garde du cachot, incapable de contredire les ordres psychiques du gar?on, resta planté sur place, l'air absent. L'utilisation simultanée de ses pouvoirs fit vaciller Owen un instant, mais, déterminé, il se reprit aussit?t.

  Ils poursuivirent leur route vers le hall d'entrée du palais. Le silence n'était troublé que par le cliquetis des pas des gardes en armure. Owen aurait préféré être plus discret, mais n'avait plus le choix. Dans son état, sa mère ne pouvait pas marcher ; et il était hors de question qu'elle passe une nuit de plus dans cet endroit maudit.

  Il aurait voulu la confier à un guérisseur, mais il n'en avait plus le temps. Si son père découvrait ce qui se passait, rien de bon n'en ressortirait. Il continua d'avancer, sans jamais se retourner. Il avait aiguisé ses sens pour ce moment, et comptait bien mettre à profit la moindre de ses capacités.

  Ils arrivèrent dans la salle d'audience. Cette immense pièce pouvait accueillir une foule, et c'était là que se tenait le tr?ne de son père — la raison pour laquelle Owen la redoutait plus que tout.

  Le petit groupe marcha d'un pas rapide vers les grandes portes d'entrée. La salle, faiblement éclairée, était étrangement vide et silencieuse. Owen pria pour que personne ne surgisse, mais, au moment où ils allaient franchir les portes pour atteindre le hall, une voix calme retentit derrière lui.

  — Puis-je savoir où tu vas ?

  Owen ferma les yeux, ?un frisson lui gla?ant l’échine. Il se retourna lentement, et fit face à la seule personne qu'il craignait réellement : son père.

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